De Morihei Ueshiba au Hireburi Dojo de Dinan — les étapes clés de la transmission de l'aïkido.
Né dans la préfecture de Wakayama, au Japon. Son père, Yoroku, est un homme politique local. Morihei est un enfant fragile et maladif qui se tourne vers la calligraphie, la natation et les arts martiaux pour fortifier son corps.
Ueshiba devient l'élève de Sokaku Takeda, maître d'un art martial secret : le Daito-ryu Aiki-jujutsu. Pendant près de 10 ans, il apprend les fondements techniques qui formeront le socle de l'aïkido — projections, contrôles articulaires, travail du ki.
Ueshiba rencontre Onisaburo Deguchi, figure de l'Oomoto, un mouvement spirituel shintoïste. Deguchi n'est pas le fils du fondateur de l'Oomoto : il a pris le nom de la fondatrice, Nao Deguchi, à sa mort. Cette rencontre est décisive : elle fusionne la dimension martiale et spirituelle qui donnera naissance à l'aïkido. Deguchi finance l'activité d'Ueshiba et lui permet de se consacrer entièrement à la voie.
Ueshiba ouvre son propre dojo, le Kobukan, dans le quartier d'Ushigome à Tokyo. Il y enseigne un art qu'il commence à appeler « aïkibudo ». C'est l'époque des grandes démonstrations : des judoka de haut niveau sont projetés sans effort par le petit Ueshiba (1,57 m).
Pour échapper à la guerre et aux pressions militaires, Ueshiba quitte Tokyo pour le village d'Iwama, dans la préfecture d'Ibaraki. C'est là qu'il bâtit l'Aiki Shrine et le dojo qui deviendront le berceau spirituel de l'aïkido. Pendant près de 10 ans, il affine sa pratique dans le silence et la méditation. On dit qu'il passait ses nuits à méditer face à la lune.
À 18 ans, Morihiro Saito devient uchi deshi au dojo d'Iwama. Il y restera 23 ans, vivant aux côtés d'Ueshiba jusqu'à sa mort en 1969. Saito note chaque technique, chaque détail d'enseignement. Il deviendra le « gardien du phare d'Iwama » — préservant l'intégralité du programme technique du fondateur.
Ueshiba revient à Tokyo et fonde l'Aikikai Hombu Dojo, l'organisation mondiale de l'aïkido. Le nom « aïkido » est désormais consacré. Des instructeurs comme Morihei Kisshomaru (fils d'Ueshiba), Koichi Tohei et Gozo Shioda diffusent l'art dans le monde entier.
André Nocquet part au Japon et reste jusqu'en 1958 au dojo d'O-Sensei, dont il devient le premier uchi deshi étranger. À son retour en France, il enseigne l'aïkido et devient l'un des premiers liens entre le fondateur et l'Europe. Nocquet formera une génération de maîtres français.
Morihei Ueshiba meurt à 86 ans. Son fils Kisshomaru prend la tête de l'Aikikai. Les disciples dispersés dans le monde reprennent chacun la flamme : Saito à Iwama, Tamura dans le monde entier, Nocquet en France. L'aïkido est alors pratiqué dans plus de 50 pays.
Christian Tissier s'impose comme un technicien de premier ordre et forme une génération d'enseignants. Autour de Tamura Sensei se construit la FFAB, notre fédération, qui rassemble aujourd'hui la plupart des dojos français. Tamura voyage sans cesse à travers l'Europe pour transmettre. L'aïkido français devient un pôle mondial de référence.
De nouvelles générations de senseis émergent en France, dont Claude Pellerin, Stéphane Benedetti et Toshiro Suga, cadres de la FFAB. Les dojos se multiplient. L'aïkido reste fidèle à l'esprit d'Ueshiba : non-violence, construction de soi, harmonie.
Fort de plusieurs décennies de pratique au dojo, ce maître a traversé d'innombrables expériences. Son parcours est d'autant plus impressionnant que son énergie reste bluffante aujourd'hui. Notre Sensei, Maurice Dubreuil, incarne cette expertise et cette longévité exemplaires.
Vous y découvrirez un esprit bienveillant et un art qui n'est pas un sport, car une fois sorti du dojo, on ne l'a pas vraiment quitté : tous les gestes de la vie nous ramènent à l'aïkido.